Il y a le bonheur des premiers regards qui ne nous voient pas encore, des premiers sourires qui n’en sont pas encore ; ceux de nos enfants. Puis viennent les regards des petits-enfants, et parfois, privilège rare, ceux des arrière-petits-enfants. Avec le temps vient le bonheur des vrais regards, des vrais sourires, des premiers balbutiements, puis de leurs premiers pas dans ce monde. Nous nous efforçons alors, bien ou mal, de leur transmettre le bonheur que nous avons reçu en héritage – ou celui que nous avons dû imaginer, réinventer, et que, par eux, nous voyons enfin naître et renaître. Et si ce bonheur reste si grand, inégalable à travers le temps, c’est parce que ces regards et ces sourires portent en eux la trace de tous ceux qui nous ont aimés avant nous. Même pour ceux qui n’ont pas reçu cet héritage, le bonheur peut se créer, se partager, se retrouver dans les yeux d’un enfant, et ainsi se prolonger génération après génération, comme une lumière douce qui jamais ne s’étei...
Si mes mots continuent de vivre un peu après moi, ce sera déjà beaucoup.