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Quoi ? La classe politique française...

 

Il est difficile de ne pas sombrer dans le cynisme face à cette classe politique. De droite à gauche, ils se ressemblent tous : incapables de gérer le moindre problème concret, obsédés par le pouvoir et les avantages personnels, fascinés par le spectacle de leur propre importance. Les chiffres, l’économie, la réalité quotidienne, tout leur échappe. Leur seul talent est l’art de séduire et de manipuler, avec des mots qui sonnent plus fort que la vérité. L’éloquence des tribuns de droite et de gauche ne garantit jamais autre chose que l’illusion d’une compétence, ou la certitude d’une incompétence.

Après les avoir soutenus et même bêtement accompagnés, j’ai été sincèrement de gauche et sincèrement de droite à certaines périodes de ma vie. Aujourd’hui, à mes soixante-huit ans finissants, je les observe un peu comme on regarde un accident de train au ralenti : horrifié et fasciné à la fois par leurs tyrannies respectives, leurs dénis, leurs gabegies, leurs braquages à mains armées. Ce mélange de folie et de calcul, cette arrogance systématique, cette prétention à représenter un peuple – jusqu’à pour ses pires représentants, en l’occurrence les macronistes – prétendant vouloir le protéger, alors que le peuple ne demande qu’à être laissé tranquille… Il y a quelque chose de profondément absurde à voir ces gens se battre pour des principes qu’ils piétinent dès que leur mandat est acquis. Ils promettent le changement, mais ne cherchent que la sécurité de leur prochaine élection, garantie de leurs comptes en banque bien remplis des sueurs du peuple dont ils sont issus et qu’ils ont tous trahi. Depuis 2017, la France n’est plus qu’un sinistre théâtre où les acteurs sont les marionnettes du pouvoir du moment, lui-même manipulé par quelque chose d’abominable qui le dépasse, des marionnettistes invisibles, si puissants et si silencieux que, par trouille, le pouvoir en place feint de les voir.

Mais le constat ne serait pas complet sans regarder notre propre responsabilité. Nous continuons à retourner aux mêmes tables, à élire les mêmes serveurs, à faire confiance aux mêmes cuisiniers politiques, et nous nous étonnons ensuite de l’indigestion générale, de la forme de dégouttoir qu’est devenue la classe politique. La faute n’est peut-être pas qu’aux politiques. Elle est aussi, et surtout, la nôtre. Nous avons nourri le système de cette Ve République autocratique, applaudi ses promesses, fermé les yeux sur ses trahisons et ses exactions contre les citoyens, refusant même de combattre certains apartheids sanitaires sous prétexte d’un virus imaginé et conçu par l’homme contre l’homme. Nous avons cru qu’un bulletin dans l’urne pouvait changer l’état du monde. Pourtant, depuis des siècles, les grands bouleversements ne sont jamais venus de l’électorat, mais de forces imprévisibles, de catastrophes ou de révoltes silencieuses.

Le drame, c’est que cette médiocrité institutionnelle n’est pas nouvelle, mais elle n’a jamais été aussi visible. Jamais nous n’avons eu autant besoin de lucidité, et jamais nous n’avons été si attachés à nos illusions. Pourtant, certains continuent de se passionner pour les querelles de tribus – de gauche, de droite, ou du centre – comme si les nuances importaient encore. En réalité, tous, absolument tous, jouent le même jeu : celui de l’apparence et du spectacle, pour mieux assommer le peuple français et, en fin de compte, le dépouiller de tout.

On pourrait se demander si cette folie n’est pas consubstantielle à la France, si nos grands rois et révolutionnaires n’avaient pas eux-mêmes, à leur manière, partagé cette inclination à l’illusion, à la démesure et à la comédie politique. La Révolution, Napoléon, de Gaulle : nous avons créé des mythes, des représentations grandioses de notre nation. Souvent, cela s’est fait au détriment de la réalité quotidienne des Français. Aujourd’hui, la scène a changé, mais le décor est resté. Le peuple applaudit, s’agite, se divise, mais il est devenu essentiellement spectateur de ses lâchetés. Il n’est plus acteur que de sa chute.

Observer ce théâtre d’ombres, c’est comprendre que la colère n’est qu’une partie du sentiment. Il y a aussi la fascination, l’amusement parfois, et surtout une lucidité douloureuse. En voyant cette comédie dramatique, on perçoit surtout nos propres contradictions : nous voulons des dirigeants honnêtes et compétents, et pourtant nous votons pour ceux qui nous trompent. Nous critiquons les médiocres, et applaudissons ceux qui savent mentir avec l’élégance de leur jeunesse ou la fausse sagesse des plus anciens margoulins – trompeurs, affabulateurs, gourous politiques. Nous réclamons la vérité, et nous nous laissons séduire par l’illusion. Le théâtre de la politique française est peut-être l’un des spectacles les plus réussis de l’histoire, mais c’est un spectacle dont nous sommes prisonniers et complices, sans même vouloir le savoir.

Crédit image, Pixabay :  https://pixabay.com/fr/photos/fantoche-politique-cage-occulte-3543246/

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