À notre naissance, nous sommes projetés sur des milliards et des milliards de routes, chacun la sienne : des autoroutes, des départementales, des chemins de traverse, des sentiers…, pour finalement rouler tous à la même vitesse. La seule différence réside dans la distance qu’il nous est donné de parcourir. Pourtant, chaque homme veut aller plus vite, toujours plus vite. Cette volonté, multipliée par des milliards d’individus, a engendré une folie collective mondiale : gagner du temps pour tout faire toujours plus vite – même mourir, en se tuant au travail vers soixante-dix ans – afin que l’argent prélevé sous contrainte en cotisations sociales usurières profite le moins possible à ceux qui l’ont versé.
Ces grandes entreprises qui engendrent burn-out et suicides à la chaîne gagnent du temps en raccourcissant, à leur manière, la vie des hommes. Gagner du temps pour gagner de l’argent : telle est leur devise. Et tant pis si, pour cela, il faut pousser les travailleurs à œuvrer toujours plus tard, pour mieux les tuer plus tôt.
En cette année 2025, j’ai soixante-huit ans, et, avec l’aide de ces mots qui n’ont pas d’âge, je me dis que je n’ai rien vu passer. Huit ans déjà de retraite… Et dire qu’à cinquante ans, je ne voulais même pas en entendre parler, à un point que vous n’imaginez pas, oh non, vous ne le pouvez assurément pas ! Je me voyais encore patron jusqu’à cent ans, et plus.
Pourtant, l’ayant prise de force, presque du jour au lendemain, à soixante ans quasi jour pour jour, je me suis aperçu que c’était le bel âge pour espérer encore parcourir quelques centaines de mètres de nos autoroutes, routes départementales, chemins de traverse et sentiers… avant que des dirigeants français nantis, cruels et inhumains n’y plantent leurs abominables panneaux macronistes : 49,3.
Panneaux démocratiquement constitutionnels, oui…, mais d’une démocratie cassée dont la Constitution ressemble de plus en plus à un abattoir générationnel et des libertés. La Vᵉ République agonise, et depuis 2017 elle ne vit plus que contre son peuple.
Je passe à une autre section, temporairement ou définitivement ; si je continue, je crains que mon clavier et mon écran ne m’entraînent à écrire des mots plus violents à l’attention des dirigeants macronistes et de leurs opportunistes affidés, de droite comme de gauche, pour lesquels je n’éprouve plus la moindre forme de respect au regard de leurs actes délétères depuis 2017… et même avant, disons depuis 2012.
2017 revient sans cesse dans ma mémoire : cette année fut celle de la bascule vers un régime à mi-chemin entre dictature et démocratie, un régime étrange, accouché par des partis en perdition, qui persistent à pousser le vice de la gouvernance autoritaire malgré leurs défaites électorales. La France, dès lors, ne mérite plus que le nom de dystopie, de dictature à peine allégée en matières grasses tyranniques.
La République de dystopie, la République de tyrannie, la République des interdits, des épées de Damoclès, des coups tordus d’Emmanuel Macron. Une République à dissoudre au plus vite – et sans crème.
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