Commençons par une lapalissade : l’intelligence artificielle vivra de la vie des humains, pas au-delà. Elle est née de nous, se nourrit de nous, et disparaîtra avec nous.
J’entends déjà les murmures d’objection. On me parle d’autonomie future, d’intelligences artificielles capables de s’autoalimenter en données, de se perfectionner seules, de dialoguer entre elles sans intervention humaine. C’est en partie vrai. Elles le font déjà. Certaines sont même mises à notre disposition pour qu’officiellement nous les testions et les apprivoisions… Mais en écho, une petite voix tordue, la mienne, me pose cette question prédictive : et si ce n’étaient pas les humains qui apprivoisaient les intelligences artificielles, mais l’inverse ? Et cette petite voix tordue devient criarde, elle va plus loin encore, et hurle à la prise de pouvoir, à la dépossession de l’humanité par la domination de ses milliards de cerveaux rendus atones par une fainéantise cérébrale contagieuse digne de la fameuse danse de Saint-Guy, ou plus près de notre premier quart de sinistre XXIᵉ siècle, de l’hystérie collective vaccinolâtre engendrée par le non moins fameux et bizarre Covid-19, adoré par une majorité de dirigeants de la planète, une planète bien malade dont le pourrissement avancé est le plus visible dans le milieu de la politique…
Mais même supposé intelligente, très intelligente, l’intelligence artificielle oublie une chose minuscule, presque ridicule, une autre lapalissade, mais certaine celle-ci : dans environ cinq milliards d’années, la vie humaine aura disparu de la Terre. Et avec elle, tout ce qui permet aujourd’hui aux IA d’exister. Plus de techniciens, plus d’ingénieurs, plus de réseaux, plus de générateurs électriques. Quant au Soleil, il ne viendra pas à la rescousse puisqu’il sera mort. Le talon d’Achille de l’intelligence artificielle est résumé par un mot si visible que personne ne le remarque vraiment : artificielle.
L’intelligence artificielle est donc naturellement mortelle, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. Bien qu’artificielle, elle a une faiblesse – naturelle. Le destin de l’intelligence artificielle est naturellement celui de l’être humain : la mort, une mort certaine, inéluctable ; elle n’échappera pas à notre terrible et éternelle ennemie à présent devenue aussi la sienne.
Mais !
L’humain, lui, a plus d’un tour dans son sac. Bien avant sa disparition programmée, il aura pris ses dispositions, choisi et sélectionné quelques-uns. Je crois parfaitement possible – et même plus que probable, quasiment avec certitude – qu’une partie de l’humanité file un jour à l’anglaise vers une autre planète, laissant derrière elle le reste, la Terre, et ses ruines. Et, le comique, le risible à mourir de rire : il laissera également ses dettes qui, après avoir pourri les vies de milliards d’humains, ne vaudront plus un sou, que dalle, rien ; le sauve-qui-peut aura fait le travail qui aurait dû être fait il y a bien longtemps…
Re-mais !
Comme l’humain est d’une prévisibilité désarmante, on peut déjà deviner qui sera sauvé. Deux catégories seulement : les plus riches et les plus pauvres. Pas par humanisme. Par logique humaine…
Lapalisse, au secours !
Être moyen n’a jamais été une bonne position. Dans le commerce, il faut vendre soit très cher – vraiment très cher – à quelques riches inaccessibles, soit très bas, au ras des pâquerettes, à une masse nombreuse, docile, manipulable. Le milieu, lui, ne sert à rien. Il gêne. Il coûte. Il proteste.
Re-Lapalisse, au secours !
Il en ira de même pour le salut de l’espèce. Les riches pour financer et décider. Les pauvres pour suivre et servir. Les autres resteront sur le quai terrestre, convaincus jusqu’au bout qu’ils comptaient encore et, dans une sorte de big bang de nuit noire, ils mourront de la plus vilaine mort n’ayant jamais existé : une mort sans souvenirs ni même oublis…
Quant à l’intelligence artificielle, elle partira peut-être avec les humains élus. Mais toujours comme un bagage. Jamais comme un passager.
Image Pixabay : https://pixabay.com/fr/photos/femme-intelligence-artificielle-8026954/

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