Il y a le bonheur des premiers regards qui ne nous voient pas encore, des premiers sourires qui n’en sont pas encore ; ceux de nos enfants. Puis viennent les regards des petits-enfants, et parfois, privilège rare, ceux des arrière-petits-enfants.
Avec le temps vient le bonheur des vrais regards, des vrais sourires, des premiers balbutiements, puis de leurs premiers pas dans ce monde. Nous nous efforçons alors, bien ou mal, de leur transmettre le bonheur que nous avons reçu en héritage – ou celui que nous avons dû imaginer, réinventer, et que, par eux, nous voyons enfin naître et renaître.
Et si ce bonheur reste si grand, inégalable à travers le temps, c’est parce que ces regards et ces sourires portent en eux la trace de tous ceux qui nous ont aimés avant nous. Même pour ceux qui n’ont pas reçu cet héritage, le bonheur peut se créer, se partager, se retrouver dans les yeux d’un enfant, et ainsi se prolonger génération après génération, comme une lumière douce qui jamais ne s’éteint.
Le bonheur, c’est d’avoir découvert une voix qui vous chamboule de fond en comble en vous procurant des sentiments, des sensations étranges, inconnues, surréalistes, des ressentis jamais éprouvés en écoutant un artiste de la chanson. Le bonheur, c’est d’entendre la voix de Ngoc Lan, cette chanteuse vietnamienne à la voix d’ange. Une voix unique au monde, reconnaissable entre mille.
Le bonheur, c’est de voir planer une mouette dans un coin de ciel azuréen, dans une circonstance banale et en même temps si particulière, avec la conscience de cet instant privilégié qui ne reviendra jamais.
Le bonheur, ce sont ces sentiments, ces instants, des milliers de capsules de vie qui traversent une vie… Des bonheurs non dits, par la simple crainte d’être pris pour un fou ou pour un ravi de la crèche, un naïf qui écrit des bêtises… C’est un bonheur de conscience, un bonheur étrange.
Le bonheur, c’est cet instant précis où j’écris cet article. Aligner des mots, jouer avec eux à travers des idées, des pensées, c’est un incommensurable bonheur.
Le bonheur, c’est de se lever le matin en se disant : « quel bonheur que ce jour de plus ! »
Le bonheur, c’est aussi l’absurde, le grotesque. Le bonheur, c’est aussi d’avoir pu écrire « quel bonheur que ce jour de plus ! », alors que cette pensée que je devrais avoir au lever, je ne l’ai jamais. J’ai écrit ça pour faire joli et me procurer le bonheur d’une plaisanterie qui ne mangeait pas de pain.
Des bonheurs, nous en avons des tas. Les bonheurs de nos vies pullulent, il suffit de nous en souvenir, mais pour ça il faut abattre des couches et des couches de ce brouillard nécessaire du temps qui protège notre bonheur actuel et celui de nos proches… Le bonheur du premier baiser échangé, le premier vrai baiser, qui ne s’en souvient pas ?
Cet article sur le bonheur est à présent terminé, je n’abattrai pas d’autres couches de brouillard…
Le brouillard du temps ne serait-il pas également un bonheur, un gigantesque bonheur qui dissimule nos malheurs, qui sont aussi des bonheurs ?
Image Pixabay : https://pixabay.com/fr/photos/enfant-b%c3%a9b%c3%a9-2974595/

Commentaires
Enregistrer un commentaire