Dans la série « Une époque formidable », épisode : « L’écologie à la petite semaine ». Sous prétexte de sauver la planète – ou plutôt de se donner bonne conscience sans trop se fatiguer – entreprises et administrations ont trouvé une parade aussi futée que malhonnête : elles ont tout simplement arrêté d’imprimer. Pas pour elles, bien sûr. Pour nous.
Autrefois, elles possédaient de solides imprimantes laser, économiques, endurantes, capables d’avaler des ramettes entières sans broncher. Aujourd’hui, elles les ont bazardées au nom d’un « engagement écologique » qui sent le greenwashing à plein nez. Désormais, c’est à nous de faire le boulot : ouvrir leurs fichiers, les imprimer chez nous, les signer, les scanner, les renvoyer. Bref, leur économie est notre corvée.
Et avec quoi imprimons-nous ? Avec nos petites imprimantes de salon, jet d’encre bien sûr, qui engloutissent des cartouches hors de prix plus vite qu’un ministre ne change d’avis. Le tout pour quelques pages souvent inutiles, bardées de logos éco-responsables et de mentions « ne pas imprimer inutilement ». L’ironie en italique.
Bref, elles ont troqué leurs machines fiables contre des formules creuses et une stratégie lumineuse : transférer les coûts, l’encre, le papier et la responsabilité sur le contribuable ou le client, tout en se drapant dans une vertu écologique de pacotille.
Une époque formidable, vraiment. Où l’on sauve les arbres… en imprimant chez soi.

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