Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du novembre, 2025

Quoi ? Le hasard...

Le hasard Je ne crois pas du tout en son existence, et j’ai de bonnes raisons pour cela… Nos vies à tous ressemblent à des milliards de flippers dans lesquels nous serions les boules et celles-ci ne roulent pas au hasard : ce sont les deux palettes qui les renvoient dans le jeu. Et qui les actionne, ces palettes ? Le joueur. Dans nos vies, c’est la même chose – sauf que nous ignorons qui joue et combien il y a de joueurs. Un seul ? Je n’en suis pas si sûr. Pour le savoir, il faudrait qu’au-delà de nos vies, une fois mortes, il n’y ait rien. Mais imaginons que ce qui n’est pas impossible se produise : que nos vies, une fois mortes, les boules qu’elles sont, continuent de rouler dans une invisibilité totale, se croisent, se touchent sans vrai contact, se frôlent, se poussent ou s’évitent, et nous dévient sans cesse, nous guident vers un mot inventé, tout comme le hasard le fut pour expliquer ce que nous ne comprenons pas. Vers notre – destinée –, ou plus complexe encore, vers nos destiné...

Quoi ? Les rêves

  « La vie n’est que le rêve d’un rêve, mais c’est autre part qu’on est éveillé. » — Louis Jouvet, Le comédien désincarné Je fais souvent des rêves étranges, mais qu’est-ce qui est le plus étrange : nos vies ou nos rêves ? De certains, il me reste des fragments mêlés de visages, de lieux, de voix, d’époques… Où est le vrai, où est le faux ? Nos existences n’ont-elles pas parfois la texture d’un rêve un peu trop cohérent pour être vrai ? Et si rien n’était réellement inexistant, par la réalité même de nos rêves… Pendant quelques années, je rêvais qu’une personne mourait. Peu après, ce n’était jamais elle, mais toujours un membre de sa famille, qui disparaissait. Cela m’a longtemps troublé… Aujourd’hui, ces rêves me laissent enfin en paix. Il y a aussi – l’entre-deux des rêves lucides –, ce territoire indécis entre réveil et sommeil, dans lequel une sorte d’écriture automatique m’envahit. Des scènes, des personnages, des dialogues s’enchaînent avec une cohérence déconcertante et je s...

Quoi ? Nos lisibles...

  Nos vies s’envolent comme des étincelles, lisibles un instant… puis aussitôt disparues. Une vie n’a qu’un seul chapitre : celui d’un être dont les dernières lignes sont tracées par un autre – un vivant qui, à travers son chagrin, écrit le mot « fin » au livre d’un ami, d’un parent. Combien de fins déjà écrites par des milliards de femmes et d’hommes ? Que deviennent-ils, ces écrivains du temps qui ignorent qu’ils écrivent en boucle leurs vies et la fin de celles des autres, sur des pages imaginaires, inexistantes, d’une matière inconnue que les hommes n’ont toujours pas su s’approprier en la baptisant d’un assemblage de quelques lettres ? Les hommes sont de grands baptiseurs : ils s’approprient des lisibles illisibles, à peine nés.  Ces écrivains du temps ont-ils poursuivi leur récit au-delà de leur propre lisible ? Et toujours cette autre interrogation : s’ils ne demandent plus rien, les morts, c’est peut-être qu’il n’y a rien après ? J’écris ces mots. Je suis là, vivant pa...